Les solutions pour répondre au défi de l'emploi des seniors

jeudi 23 janvier 2020

4 propositions principales à retenir

Comment favoriser l'activité professionnelle des personnes en fin de carrière ? Telle est la question essentielle posée en aparté des discussions au sujet de la réforme des retraites.

En septembre dernier, Édouard Philippe avait demandé à un groupe d'experts de lui proposer des solutions pour améliorer la gestion des fins de carrière des seniors.

Que retenir de ces propositions ? 


Quel est le problème de l'emploi des seniors ? 


1/ Le taux d'emploi décroit avec l'âge des seniors.

  • 80,5 % des 50-54 ans occupaient un emploi en 2018

  • 72,1 % des 55-59 ans occupaient un emploi en 2018

  • 31 % des 60-64 ans occupaient un emploi en 2018


2/ Le taux de chômage des 55 ans et plus se situait à 6,5 % en 2018, contre 4,3 % en 2007.

(Toutes ces informations ont été publiées par le Ministère du travail)


Face à ce constat, quelles solutions sont envisagées pour booster l'activité des seniors, mais aussi pour baisser leur taux de chômage ? 


"Il faudra agir de "manière plus structurelle" pour que "l'ensemble de notre société" s'engage, sur la durée, à modifier ses "pratiques" et ses "représentations" à l'égard des "travailleurs expérimentés"".

Propos rapportés par Le Figaro - édition du mercredi 15 janvier 2020


Les principales solutions proposées 


Les auteurs du rapport remis à la ministre du travail Muriel Pénicaud ont exprimé près de 40 propositions.

Voici les 4 principales : 

  1. Favoriser la formation des seniors grâce au "compte personnel de formation"

    Le rapport propose le déplafonnement du compte personnel de formation dès l'âge de 45 ans, dans le but de "rééquilibrer l'effort de formation continue pour soutenir les transitions vers les secondes carrières". 

    L'idée cette mesure est de former les seniors à de nouvelles compétences en vue d'une reconversion dans l'associatif ou dans la politique locale, mais aussi pour éviter que leurs compétences deviennent obsolètes (notamment dû à la croissance du numérique). 
    L'amélioration du dispositif "compte personnel de formation" permettra aux seniors de rester actifs passé le départ à la retraite.

  2. L'élargissement de la retraite progressive

    Les auteurs préconisent d'améliorer le dispositif de retraite progressive.
    Pour rappel, la retraite progressive permet aux salariés qui le désirent de cumuler une partie de sa pension tout en travaillant à temps partiel.

    La retraite progressive n'est aujourd'hui ouverte qu'aux salariés et à certains travailleurs indépendants : seuls 18 150 personnes en bénéficiaient en 2018. Le rapport Delevoye prévoyait déjà en juillet, qu'à partir de 2025, la retraite progressive serait élargie à l'ensemble des actifs en vue d'augmenter le nombre de bénéficiaires du dispositif.

    "Proposition 25 : étendre le dispositif de retraite progressive aux salariés au forfait jour, aux professions libérales et aux agents publics."

  3. La disparition du plafond du cumul emploi-retraite 

    Depuis le rapport Delevoye, l'exécutif planche sur une amélioration du dispositif cumul emploi-retraite : un tiers des personnes étant parties à la retraite ces 3 dernières années sont bénéficiaires d'un cumul emploi-retraite. 

    En pratique, après avoir liquidé sa retraite à taux plein, les cotisations sociales prélevées sur les revenus d'activité permettront aux jeunes retraités de se constituer de nouveaux droits retraite (ce qui n'est pas le cas actuellement).

    À compter du 1er janvier 2025, le plafond du cumul emploi-retraite devrait donc disparaître. Le dispositif serait ainsi rendu plus attractif.
    L'application du système universel pourrait permettre aux actifs de se constituer des droits retraite supplémentaires en cas de départ une fois le taux plein atteint. 

    "Proposition 28 : ouvrir plus largement le cumul emploi-retraite et rendre créatrices de droits à la retraite les cotisations prélevées sur les revenus d'activité exercée dans le cadre d'un cumul entre un emploi et une retraite à taux plein".

  4. La pénibilité mieux prise en compte pour faciliter l'emploi des seniors

    Avant de bénéficier de ces deux dispositifs de transition emploi-retraite, il apparaît essentiel d'être toujours en bonne santé. 

    Pour répondre à cet enjeu de santé au travail, le rapport Bellon prévoit "d'améliorer les synergies entre les médecins du travail, les médecins traitants ainsi que les entreprises" et ceci dans le but de "mieux anticiper les actions d'adaptation nécessitées par la réduction progressive des capacités de travail avec l'âge, avant survenue de l'inaptitude".

    Le rapport prévoit deux dispositifs pour une meilleure prise en compte de la pénibilité :  l'aménagement des fins de carrières pour les seniors exposés à des risques professionnels serait rendu obligatoire, et la prévention des accidents du travail serait intensifiée (via une augmentation du budget prévu à cet effet).

    Le sujet de la pénibilité a été discuté avec les partenaires sociaux jusqu'à la présentation du projet de réforme des retraites ce Vendredi 24 janvier. 





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Ecrit par la rédaction de Simul-retraite.fr


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