Idée reçue : la prise en compte des 25 meilleures années ne protège pas le montant de votre pension

mardi 10 décembre 2019

4 simulations pour comprendre l'impact du calcul #retraite dans le système actuel

La prise en compte des "25 meilleures années" ne protège pas les carrières accidentées (temps partiel, carrière hachée), majoritairement constituées de femmes, de précaires et de polypensionnés. 

Pourquoi ? 

Simul-retraite.fr vous explique pourquoi, cas pratiques chiffrés à la clé.


Le point sur la prise en compte des "25 meilleures années"


Les critiques contre la réforme des retraites portent souvent sur la disparition des "25 meilleures années" dans le mode de calcul des retraites. En effet, le montant de la pension dépend directement du montant du Salaire Annuel Moyen Brut (SAMB), les "25 meilleures années" étant plus avantageuses que la prise en compte de l'ensemble de la carrière. 


Rappel : le mode de calcul d'une retraite au régime de base

Montant de la retraite =

Salaire annuel moyen brut (SAMB) x taux de liquidation x (durée de cotisation / durée de référence)


Mais il s'avère que ce modèle de calcul apparaît injuste car très désavantageux pour de nombreuses personnes.
De petites différences sur les relevés de carrières entraînent des différences majeures sur le montant des pensions. 

Pourquoi ? Pour quel montant ? Découvrez cela ci-dessous avec 4 simulations types réalisées par Maximis / Simul-retraite.fr 


Ces simulations de Maximis / simul-retraite.fr se penchent sur l'impact du mode de calcul des retraites selon différents cas pratiques.


Le descriptif de ces 4 cas pratiques


Nos simulations se basent sur 4 cas pratiques types : 


  1. John
    John est un salarié à la carrière complète, ayant validé 42 annuités, dont 5 années entre 20 et 25 ans.
    Cinq années de "petits boulots", qui lui permettent de valider 4 trimestres par an (équivalent à 500 € par mois actuellement).

  2. Thierry
    Cas similaire à celui de John (cas 1)
    John et Thierry ont un Salaire Annuel Moyen Brut (SAMB) et des cotisations identiques.

    Cependant, Thierry n'a jamais effectué de "job étudiant".
    Par rapport à John, il lui manque donc 5 années entre 20 et 25 ans.

  3. Daphné
    Cas similaire à celui de Thierry (cas 2) 

    La retraite de Daphné est, comme celle de Thierry, calculée sur une base de 37 années cotisées.
    Son SAMB est 13% inférieur à celui de Thierry, soit l'écart moyen du niveau de pension entre hommes et femmes. (source : CNAV)

  4. Philippe
    Philippe est un auto-entrepreneur au parcours atypique. 
    Son relevé de carrière comprend 32 années hachées d'activité.



Ce qu'on apprend grâce au calcul des pensions



L'impact des jobs étudiants sur le calcul de la retraite actuelle.

Les deux premiers cas sont donc similaires à l'exception des "petits boulots" occupés en début de carrière.
Cependant, Thierry perd plusieurs trimestres du fait d'une entrée sur le marché du travail tardive. Malgré un montant total de cotisations (et un SAMB) sensiblement égal pour les deux, le calcul de la retraite dans le système actuel octroie une pension 34 % inférieure à celle de John.
Pour un SAMB et des cotisations égales, quelques trimestres en moins en début de carrière peut impacter lourdement le calcul de la pension. 

Pourquoi ?

Le déficit de trimestres requis pour accéder au taux plein impacte à la fois le taux de liquidation ainsi que sur la durée de cotisation.
En ne travaillant pas 5 ans en début de carrière, le taux de liquidation de Thierry subit une décote (car il n'a pas atteint le taux plein).
Sa durée de cotisation est aussi plus faible.

Conclusion

La perte de quelques trimestres influe très négativement le calcul de la pension.
À salaire et cotisations égales, Thierry percevra 135 700 € de moins sur 25 ans d'espérance de vie, soit 34 %.


L'impact des carrières des femmes 

Daphné a eu le même parcours que celui de Thierry. Selon les informations de la caisse du régime général (CNAV), les femmes perçoivent des pensions 13 % inférieures à celles des hommes. Selon le colloque du Conseil d'orientation des retraites (COR), en date du 2 décembre dernier, "la part inexpliquée de ces inégalités occupe une place plus importante depuis les années 90".



Source : Compte Twitter du Conseil d'orientation des retraites


Pour un SAMB 13 % inférieur, Daphné perd près de 500 € par an par rapport à la carrière (similaire) de Thierry.

Avec ce SAMB inférieur, la perte est donc de 500 €. Cependant avec un nombre de trimestres différents, la perte est de près de 6 000 € entre deux assurés à carrières identiques ! Les trimestres pèsent donc plus lourdement sur le calcul des pensions que la mesure du niveau de salaire. 


Les carrières atypiques dans le système actuel

Pour un assuré ayant eu un parcours atypique ou haché (entrepreneur, périodes de chômages, polypensionné ...), le calcul de la retraite est aujourd'hui très désavantageux.

Il percevra 10 000 € de moins sur sa retraite annuelle au régime de base, soit une perte de 57 % sur 25 ans par rapport à John, salarié à la carrière complète.



Conclusion d'Emmanuel Grimaud, président fondateur de simul-retraite.fr

Pour 2 personnes qui ont une carrière parfaitement identique au centime près, pendant 37 ans, de 25 à 62 ans, mais des premières années avec un type d'activité qui reportent ou non des trimestres, mais globalement les mêmes cotisations sur toute la vie, la deuxième perdra 34 % de retraite par rapport à la première soit 135 700 € en moins sur 25 ans d'espérance de vie.


Les conclusions d'Emmanuel Grimaud sur les "25 meilleures années" 
Invité de la matinale d'Europe 1 
Mercredi 12 Décembre 2019



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* applicable aux salariés du privé nés à partir du 1er janvier 1975.

Ecrit par la rédaction de Simul-retraite.fr




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