Partir à la retraite au taux plein : est-ce vraiment une bonne idée ?

vendredi 7 juin 2019

Beaucoup de Français(es) désirent partir à la retraite avec le taux plein, qu'est-ce que cela signifie ? Faut-il vraiment attendre ?

Au moment de prévoir son départ à la retraite, atteindre le taux plein apparaît souvent comme le facteur essentiel pour maximiser sa pension. Le départ au taux plein permet au futur(e) retraité(e) de percevoir en pension de base, 50% de son salaire annuel moyen (SAM) sur les 25 meilleures années. 

Attendre d'avoir le taux plein pour partir n'est pas forcément la bonne solution.
Explications à l'aide d'un exemple simple.


Rappel du calcul de votre pension de retraite de base


Le calcul de votre pension s'effectue de cette manière. 

Pension = Salaire annuel moyen brut x taux x (d/D) x majoration enfants - charges

C'est compliqué ? Nous vous avons perdu(e) ?


Pour mieux comprendre
SAMB : moyenne de vos 25 meilleurs salaires annuels bruts
Taux : le taux plein est de 50 % et il sera au minimum de 37,5 %
(d/D) : le nombre de trimestres cotisés dans les régimes alignés, sur le nombre de trimestres pour             acquérir le taux plein 


Pour ce qui concerne votre retraite de base, une décote ou une surcote sera appliquée s'il vous manque des trimestres ou dans le cas contraire si vous avez obtenu des trimestres au delà de votre taux plein. En partant avant l'âge du taux plein, vous bénéficierez d'une retraite de base avec minoration. Cette décote signifie que votre pension sera moindre. Le taux de calcul de votre pension de base diminue de -0.625 % par trimestre manquant (dans la limite de 20 trimestres).


Exemple

Alexandre est né en 1960. Pour obtenir sa retraite à taux plein, il devra, par rapport à son année de naissance, cumuler 167 trimestres.

Si en 2022, à ses 62 ans, il n'a acquis que 165 trimestres et qu'Alexandre souhaite partir à cet âge là, une décote sera appliquée à sa retraite de base.

Si en 2022, à ses 62 ans, il a obtenu ses 167 trimestres, Alexandre pourra partir à la retraite à taux plein.

Après ses 62 ans et l'obtention de ses 167 trimestres, Alexandre cumulera, s'il poursuit son activité, des trimestres supplémentaires qui lui accordera une surcote sur sa future pension de retraite de base.


Taux plein décalé d'une année avec la retraite complémentaire

Attention, votre taux plein obtenu à la retraite de base ne vous confère pas l'application d'une retraite à taux plein pour vos retraites complémentaires.

Pour le calcul de vos retraites complémentaires, un système de décote et de surcote définitif existe aussi.

Depuis le 1er janvier 2019, des bonus / malus peuvent vous être appliqués en plus à vos pensions complémentaires (AGIRC ARRCO).

Si vous êtes né(e) à partir de 1957, voici les différents cas de figure : 

  1. J'ai le taux plein et je décide de partir à mes 62 ans, un malus de 10 % est appliqué sur mes pensions de retraite complémentaire pendant 3 ans.
  2. J'ai le taux plein à 62 ans, je décide d'attendre un an et de partir à mes 63 ans, aucun malus n'est appliqué sur mes pensions de retraite complémentaire.
  3. J'ai le taux plein à mes 62 ans et je décide d'attendre deux ans et de partir à mes 64 ans, un bonus de 10 % est appliqué sur mes pensions de retraite complémentaire pendant 1 an. 


Cas pratique  

Le malus temporaire sur la pension de retraite complémentaire : un système incitatif au prolongement de l'activité des salariés du privé.

Le dispositif de malus temporaire (institué par les accords d'octobre 2015) concerne les personnes nées à partir de 1957, depuis le 1er janvier 2019, et ayant acquis le taux plein. Comme dit précédemment, le future retraité du secteur privé subira un malus temporaire de 10 % sur sa pension de retraite complémentaire pour ses 3 premières années en retraite.

Prenons un exemple : Karine est une salariée, né le 1er Août 1957. Elle a cotisé 165 trimestres soit 1 trimestre manquant pour acquérir son taux plein. Pour atteindre sa retraite à taux plein soit un trimestre supplémentaire, elle devra attendre le 1er Novembre 2019.
Karine hésite donc entre partir tout de suite au 1er août prochain, avec une minoration ou attendre 1 trimestre pour partir au taux plein. 

Après calculs, Karine a le droit à une pension de retraite de base de 1 000 € nets par mois et une pension complémentaire de 1 500 € nets par mois.

Deux solutions :

  • Si elle décide d'attendre le 1er novembre pour liquider à taux plein : Karine subira un malus de 10 % sur sa pension de retraite complémentaire pendant 3 ans.
    Soit 150 € par mois, 1 800 € par an et 5 400 € sur 3 ans. 

  • Si elle décide de partir dès le 1er août à 62 ans avec un trimestre manquant : elle subira un abattement définitif de 1 % sur sa pension de retraite complémentaire.
    Soit 15 € par mois, 180 € par an, 540 € sur 3 ans et 1 800 € sur 10 ans.

Au final, demander sa retraite ou ""liquider sa retraite" avant d'avoir atteint son taux plein est beaucoup plus rentable pour Karine même à long terme. Cette solution cesse d'être rentable pour l'assuré après 36 ans de pension. Autrement dit, liquider au taux plein lui sera plus favorable seulement s'il perçoit sa pension jusqu'à 98 ans.
Compte tenu de l'espérance de vie, il a tout de même intérêt à opter pour l'abattement définitif.


Le calcul de vos pensions est, en effet, complexe !
Avec vos relevés de carrière, vous pouvez calculer maintenant le niveau de votre pension !


Ecrit par la rédaction de Simul-retraite.fr


;